Archive for mai 28th, 2006

Soirée Sofia Coppola l’autre soir sur Cinémachinchose, je revoyais Lost in Translation.
Autant j’ai un a priori négatif sur S. Coppola (parce que chouchou du triangle incestueux Inrocks-LeMonde-Telerama), autant il me faut avouer que celui là (en oppostion à Virgin Suicides que j’ai jamais aimé parce que jamais compris) est un [mode Nagui] pur plaisir [/mode Nagui].
Je me suis laissé prendre une fois de plus, au somnambulisme du film, à son rythme, ses images, ses atmosphères hypnothiques et jet-laggées.
Un petit joyau.
(Et Scarlett Johansson en petite culotte rose n’y est pour rien :) )

Si tu ne l’as jamais vu lecteur, c’est un conseil Baragouine.

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Vu hier soir Da Vinci Code.
Ou comme quoi les page-turners ne font pas -nécessairement- de bons films.

Rien à ajouter à l’éreintement critique, c’est vraiment très mauvais, totalement ennuyeux, encéphalogramme désespérément plat, sans aucun rebondissement. Je sais, il faut le voir pour me croire, car tout lecteur du bouquin en est resté à un roman formidablement construit, qu’on ne peut pas lâcher, où chaque fin de chapitre contient un rebondissement qui pousse à lire le suivant.
Ici, soit le script que Ron Howard a récupéré est pathétiquement mauvais, puisque de roller-coaster, ou simplement même de suspense, il n’y a pas. Soit Richie le réalisateur de films techniquement impressionnants (Apollo 13, Backdraft) voire de films adultes et consistants (Beautiful Mind ou le réussi Cinderella Man) , a perdu tout savoir faire/ s’est complètement désintéressé du projet (à part le chèque) car on s’ennuie copieusement GIGANTESQUEMENT.

Il n’y a franchement rien à sauver (à part l’épatant Etienne Chicot) :
- dire qu’on a fait tout un foin sur le fameux tournage dans le Louvre. On aurait pu tout aussi bien vaguement tourner dans un anonyme musée de province : de l’intérieur du musée on ne voit strictement rien.
- de Paris (ou de Londres) non plus.
L’espace en général -musée, villes…-, la géographie de l’Europe toute entière, sont, assez curieusement, complètement absents de ce film.
Apparemment il est plus simple de tourner au Louvre que devant l’Ambassade des Etats-Unis (ce qui se comprend) mais le reste de Paris est tout aussi peu filmé.
(Sérieux, ils ont vraiment tourné à Paris ? On ne pas dire que ça se voit. Pour “voir” la capitale, autant se rabattre sur Bourne Identity, pour le coup exemple réussi d’adaptation de roman à succès.)
- ridicule méchant : Paul Bettany, pire que dans Firewall ! (ceux qui ont vu ce dernier film penseront que ce n’est pas possible, ça l’est !) ;
Dans le registre du ridicule, on a mal pour cet immense Jean-Pierre Marielle : j’espère au moins qu’il a été rondement payé.
- Jean Reno impossible, Audrey Tautou … a t’elle déjà (bien) joué quelquepart ? Tom Hanks inexistant… En même temps on a du mal à leur en vouloir : le film EST inexistant, le réalisateur itou.
Si on comprend que devant un tel succès de librairie, Hollywood ne pouvait passer à côté et qu’il FALLAIT faire le film dans l’urgence, c’est un ratage total qui va laisser les milliards de lecteurs du bouquin dans le doute : ont-ils été dupés, avaient-ils perdu tout sens critique lors de sa lecture ? Le roman lui même était-il aussi mauvais ? J’en connais qui vont vouloir vérifier…

(Hypothèse haute, c’est la force de l’écrit qui ressort de cette comparaison : comment chaque lecteur s’invente sa propre cinématographie, ses décors, son découpage et ses rebondissements, et que la comparaison avec le film se fait - presque toujours- au détriment de ce dernier.)

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