Au fond, La colline a des yeux (*) et Les Bagnoles (en VQ
) c’est un peu la même histoire.
En tout cas le même prétexte, et la même morale : il ne fait pas bon sortir du freeway et de la route principale.
Qu’elle soit 66 ou au coeur du Nouveau Mexique.
On se retrouve au milieu de nulle part, dans un environnement hostile, peuplé de personnages patibulaires si tu veux mais presque, qui au mieux sont gentils mais un peu simplets et ne vous séquestrent que pour vous faire faire un Travail d’Intérêt Collectif, durant lequel vous découvrirez les vrais valeurs d’amitié et de communauté.
Au pire vous tomberez sur des cannibales qui ont très très faim et n’auront qu’une idée en tête, vous découper en petits morceaux et vous faire mariner avant de vous déguster en tapas.
Trève de plaisanterie, John Lasseter est de retour et ça fait du bien même si ça fait mal, ça fait chaud au coeur même s’il se noue plus d’une fois pendant le film.
Chez Lasseter on est presque plus souvent dans la tristesse, en tout cas dans la nostalgie, celle d’une époque (de comportements, d’objets, de décors etc…) qui ne reviendront pas. Ont-ils jamais existé ?
On est dans la mythologie, dans une Amérique rêvée. Celle de l’innocence et des -déjà- grosses voitures.
Celle des 50s et 60s.
Forcément, ça nous touche nous autres qui aimons cette Amérique là, celle du fantasme, de Monument Valley, des Cadillac, de la route (66 ou pas), du Technicolor, de Marylin et James Dean, des néons et des chromes.
Cette nostalgie, ce poids du temps qui passe, étaient déjà là dans ToyStory, c’est encore plus vrai ici.
C’est la patte de Lasseter, celle qui manquait à Nemo par exemple, film beaucoup moins convaincant (pas vu Monsters Inc.).
Quatre Roues (en VF) s’adresse davantage aux parents, et encore pas les plus jeunes d’entre eux, les quadras voire quinquas qui y emmènent leurs petits-enfants, qu’à ces derniers qui ne sont là au fond que pour le premier degré et le merchandising.
On n’est pas si loin d’American Graffiti ou de Diner.
Au delà de cette nostalgie sur qui touchera la frange la plus âgée, l’histoire est certes -un peu trop- convenue (on n’y va guère pour les surprises et retournements de situation) , mais c’est surtout formidablement beau à voir.
On ne pense même plus à la technique, on admire des décors superbes dont ou oublie qu’ils sont CGI.
Cars, un plaisir à côté duquel il ne faut pas passer.
(Non je n’ai pas réussi à voir la subliminale image de la bagnole de course estampillée de la pomme.
Kudos à celui qui l’a repêrée -je me demande bien d’ailleurs comment on peut réellement la déceler à vitesse réelle- mais elle est bien là.)

Quant au film du fiston Arcady, c’est… autre chose.
Ca ne m’a pas emballé.
Certes de vraies bouffées de violence totale, certes globalement chiadé, trop d’ailleurs, pas assez fauché, pas assez B voire Z pour un film de ce genre, mais long à démarrer.
Et il faut bien l’avouer des personnages trop cons-cons pour qu’on regrette un seul instant leur rapide et brutale destinée qui est la leur.
Ouh le lourdeau républicain avec son drapeau et son flingue qui se prend pour John Wayne et se croit plus malin. Ouh son beau-fils démocrate pleutre, anti-gun et tout aussi bas de plafond.
Décidément le script d’un français non américain, dont on aurait préféré qu’il prenne parti pour l’un ou l’autre et ne les renvoie pas dos à dos.
Mais qu’est-ce qu’ils ont tous ces Français en ce moment à faire 1° des films à Hollywood 2° des films d’horreur 3° des films avec Hill dans le titre ? 
(Le film est sorti avec un titre français, alors que celui de Ganz- Silent Hill- était sorti avec son titre anglais : il faut croire que la logique marketing de tout ça c’est la possibilité ou pas de prononcer le titre par le public ado français. Deux syllabes, beaucoup de consonnes, on garde l’anglais. Quatre syllabes et beaucoup plus de voyelles, on passe en français…)
C’est la Fête du Cinéma aussi sur Baragouine 