C’était la température hier à Boston.
100°F dans les autres villes de l’est du pays.
Je vous laisse faire la conversion sur votre thermomètre.
(En gros c’est du 36-38°C)
Si vous ajoutez la moiteur et le fait que ce sont de vrais, de gros, lourds degrés (pas les mêmes que par chez nous…) vous imaginez la fournaise.
Pour résumer, il fait 28-30°C la nuit, 27°C au petit matin -6:00AM- et 36° en milieu d’après-midi.
(Aujourd’hui il parait que ça va commencer à décliner. Tant mieux pour eux.)
Finement joué, j’avais décidé d’aller à la mer, de partir en croisière.
Mini-croisière, mais néanmoins 1h40 de fast-ferry entre Boston et Provincetown, tout au bout du bout de Cape Cod.
Levé de bon matin, petit-déjeuner bacon-oeufs brouillés, embarquement 8:30, départ 9:00 pétantes.
Toute de suite la vitese fait du bien, impression de fraîcheur.
Skyline de Boston, avions qui décollent de Logan.

On peut diviser en 3 tiers : une demie-heure où l’on voit Boston, une demie-heure de mer où l’on ne distingue encore la côte, puis plus du tout tandis que son profil s’incurve, une demie-heure où l’on distingue Provincetown, les plages, les fameux phares, qui se rapprochent.

Ca pullule de baleines dans la dernière partie de la traversée.
(Whale Watching est d’ailleurs au programme de tous les opérateurs de ferrys).
Une baleine à bosse a d’ailleurs fait les titres des news de 22:00, prise qu’elle était dans les filets d’un chalutier.
Je te rassure lecteur ami des cétacés et d’Alain Bougrain-Dubourg réuni : elle a été libéré par les personnes compétentes.)
Arrivée à P’Town vers 10:45. Chaleur un chouia moins forte.
Quand on se dit au coeur de l’hiver en préparant son voyage, qu’on aimerait retourner à Cape Cod, louer un vélo, faire le tour des plages, visiter la pointe… on rêve debout.
Quand avant de partir on espère trouver une journée pour le faire, on n’est toujours sûr de rien.
Mais là j’y étais.
Repéré la veille sur Google Earth les bike rentals de la cité balnéaire: plus qu’il n’en faut.
Petit tout sur Commercial St., beaux messieurs super bronzés, hyper musclés qui se promènent deux par deux (ou quatre par quatre). Plus d’étonnement comme la première fois.
Au cas où tu ne le saurais pas lecteur, P’Town est la mecque gay de la côte est.
(N’y vois aucun coming-out dans cette volonté d’y retourner
)
Location 4h (pas besoin de plus, le ferry de retour est à 4:00PM) : voilà les $13,65 les mieux employés de tout le séjour.
Carte des bike trails dans la poche, c’est partie pour la plus belle après-midi du voyage.
Juxtapostion de paysages contradictoires et juxtaposés : forêts de pins, massif dunaire et zones inondées.
Entre Landes et Marquenterre.

Au milieu de tout ça, un fou a tracé dans les 60s un parcours tourmenté, de montées de descentes de virages brusques.
On ne sait plus où on est. Même plus de signal GSM.
La mer, parfois visible au bout du chemin.

Et puis des plages. De vraies, de belles plages.
Fréquentées, surveillées, baignées, qui donnent envie.

Ne reculant devant aucun sacrifice, je décide d’aller tremper mes pieds dans l’Atlantique.
(Deux océans dans le même voyage, ça serait con de passer à côté.)
J’enlève mes chaussures, sable brûlant.
Je continue -je suis pas une gamine- mais au bout de quelques pas je suis vraiment en train de me cramer les pieds.
La veille de repartir ce serait idiot. Chaussures back vite fait.
The Sand is hot me dit une dame qui me dépasse.
Ah bon ?
Des kilomètres de randonnée, visite des différentes plages de ce bout de péninsule.
(je dirais bien que j’étais le roi de la pédale, mais à P’Town se serait un peu usurpé ;)).
Fontaine et douches rafraichissantes à chaque plage.
Lait après soleil car je sens bien que je commence à cramer.
3:15 PM rendu vélo.
Safe travel me dit le gars quand je lui annonce repartir pour la France le lendemain.
Subway vite fait (oui il y en a un à P’Town).
Départ ferry 4:00 PM tapante.
Plus aucune baleine. Où sont-elles passés ?
Pour quelles raisons ? L’eau ne se réchauffe quand même pas sur quelques heures ?
Pont supérieur, comme à l’aller.
Soleil dans la gueule, comme l’aller : entre temps la terre a tourné pendant que je pédalais dans les dunes.
(Je vous laisse imaginer le résultat ce matin : je rentre Peau Rouge.)
Va et vient sur Logan.
Chaleur étouffante dans les derniers mètres avant d’accoster. Une journée à la mer, dans les dunes, dans les bois, et 3heures en mer, m’avaient presque fait oublier la fournaise.
Rentré à pied à l’hôtel.
On me dévisage Newbury St. (je comprendrai pourquoi devant un miroir de la chambre.)
Orage qui menace (et passera finalement ailleurs).
Se préparer pour la dernière visite à Fenway.
(Pourvu qu’on ne me prenne pas pour un Indian
)