« Je me souviendrai de vous »
M’a t’elle dit, avec un grand sourire, ses yeux bleus inégalables fixant mes miens à moi que j’ai ( qui ne sont pas bleus).
C’était sur le coup de minuit-dix, derrière Marigny.
Je t’en dis plus lecteur ? Ou je te laisse dans l’expectative la plus cruelle ?
More after the jump comme on dit sur les sites où y’a de la pub, mais j’en ai pas et surtout j’ai choisi de mettre tout le texte dans le corps et dans le fil RSS, donc y’a pas de jump mais j’avais quand même envie de laisser une respiration avant de poursuivre.

Or donc après la représentation (*) et les quinze -trop longues- minutes de standing-ovation je décidai d’attendre Isabelle à l’Entrée des Artistes.
Après tout, je ne l’avais jamais rencontrée devant la dite entrée, puisque*cough* d’habitude je monte dans sa loge.
A fortiori lors d’une Première : d’une pierre deux coups.
Sauf qu’une Première ça se fête, longuement, entre comédiens et Tout-Paris qui défile dans les loges après la représentation.
(En entrant dans Marigny j’avais l’impression de feuilleter la dernière page de Gala ou de Match.)
Donc ça prend du temps.
Sachant que j’y retournerai le lendemain -et le surlendemain-, j’abandonnais l’idée après quelques derniers tours du théâtre et coups d’oeil à l’étage (seule la loge d’Isabelle est fermée, comme il y a 6 ans, par d’épais rideaux.)
Un petit tour sur les Champs jusqu’au Fouquets, et je décidais de rentrer à l’hôtel.
La tentation était trop forte, je repassais voir.
Toujours une trentaine d’aficionados, toujours du champagne entre happy-few dans les loges, toujours pas d’Isabelle.
Je décidai de rester (bis).
Elle est enfin sortie après minuit. Grand foulard noir sur la tête, grandes lunettes de soleil malgré l’heure.
Aucune précipitaion.On nous a fait comprendre qu’on aurait tous notre autographe, mais qu’aucune photo n’était permise.
Joie et temps partagés.
Je n’avais rien à faire signer, n’attendais rien : quasi blasé le gars.
Juste la voir, l’entendre et, on ne sait jamais, lui parler. Pas blasé du tout là le gars.
Un aveugle présent à la représentation, lui a longuement parlé, lui déclarant toute l’admiration qu’il avait pour elle, et lui a demandé une chose que lui ne pouvait faire, qu’elle le regarde droit dans les yeux.
Ce qu’elle fit, très émue, en enlevant ses lunettes noires.
Emotion.
Il pût même l’embrasser.
Une carte de la pièce s’étant retrouvée entre mes mains, je la tendis à Isabelle.
Tandis qu’elle la signait, je lui demandais, plus fort que moi, pourquoi la matinée du samedi avait été annulée.
Elle releva la tête et, me regardant désolée, me répondit qu’elle n’en savait rien, que ça c’était la production.
« Car j’avais une très très bonne place » me permis-je de lui préciser.
Et d’ajouter « Mais je viens vous voir demain, et dimanche je suis en Orchestre 02. Donc normalement , au moment où vous saluerez je devrais être bien placé ».
Et c’est là que… « Je me souviendrais de vous« , ses grands yeux bleus me fixant avec un large sourire.
J’eus préféré un présent de l’indicatif au futur employé, mais je m’en contenterai ![]()
(**)
Une ou deux autre dédicaces, et son garde du corps nous a gentiment fait comprendre qu’elle devait y aller et ne pourrait pas tout signer, et elle partie vers une minuscule voiture genre Smart-pot de yaourt. [A réflexion, ça devait être une Classe A, un truc dans le genre]
So much for glamour and limousines…
Ne te méprends pas lecteur, je ne suis pas dupe.
Ni qu’effectivement elle puisse me reconnaître dimanche après-midi.
Ni des bêtises sans nom que je peux lui débiter quand je suis face à elle : je n’en suis même que trop conscient, ça ne fait jamais que quatre fois que je lui aligne en bafouillant des âneries.
Si ça devait m’arrêter, ça l’aurait fait il y a longtemps. ![]()
Tant pis quoi, j’ai fait mon deuil de tout éclair de spiritualité, de simple discours structuré quand je suis en face d’Isabelle.
Je suis donc reparti, Concorde, Madeleine, Opéra, Gds Boulevards, en planant, croisant d’un regard mi-incrédule mi-niais chaque kiosque qui affichait la couverture de Paris-Match.
–
(*) J’en reparlerai nécessairement plus tard, mais en un mot : Isabelle sublime, ce qui ne surprendra personne (vivement demain !) ; la pièce 1° allemande contemporaine, ça en dit déjà long 2° forcément monocorde , voire ennuyeuse.
(**) Toi qui me lis précisément, tu auras noté que j’ai déjà évoqué cet Orchestre 02 pour samedi soir.
C’était une erreur, une confusion de ma part entre la place Orchestre 03 de la matinée malheureusement annulée, et la place de dimanche.
Quant à demain soir c’est une place beaucoup plus banale.
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