Even better than the real thing
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Ah si j’étais riche, TRÈS riche …
[MAJ] Très, très, vraiment TRÈS riche : $ 1 250 000 …
Moi non plus. Jamais blasé (en bon provincial que je suis…)
Irréelle beauté de Paris vendredi soir.
Presque nuit, pas tout à fait, bleu très foncé.
Traversée depuis les Grands Boulevards vers Odéon, via la rue Notre Dame des Victoires plus décor de cinéma que jamais.
La Cour Carré sublimement éclairée, occupée d’une grande tente en plastique remplie d’oeuvres d’art colorées. De l’autre côté un premier quartier de lune pendait juste au dessus de la coupole de l’Institut. Féérique, trop beau pour être vrai. Je me suis dit « tiens Carax tourne une suite ? Lavant, Binoche où êtes vous ? ».
Pont des Arts effervescent, douceur estivale mais embouteillages d’automne.
Rue de Seine, galeries, rue de Buci, orchestre de jazz au coin de Mazarine. Foule dense.
Carrefour de l’Odéon, le théâtre de l’Europe resplendissant devant moi.
Magique quoi.
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Quelques photos sur Flickr.
-> 1ère partie : Grand Palais
-> 2ème partie : Tuileries + Cour Carrée
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Sa voix d’abord. Incontestablement et peut-être avant tout, j’aime sa voix.
Je pourrais aller à Marigny uniquement pour l’entendre. Son timbre si sublime. Parlé ou chanté. Bas ou haut.
Son teint. Sa peau.
Sa bouche. Ses lèvres incomparables.
Ses cheveux.
Ses yeux bien sûr. (Je n’ai plus d’adjectif, et on a déjà tout dit.)
Ses mains, magnifiques.
Ses pieds.
Je me redresse imperceptiblement sur mon siège pour n’en rien perdre. Déjà dans La Dame aux Camélias elle jouait une partie de la pièce pieds nus.
(N.B : les pieds nus d’Isabelle Huppert ne me font ni chaud ni froid…)
Ses jambes.
Son nez évidemment, son petit nez si parfait qui rougit systématiquement quand elle doit pleurer, son nez qui coulait à la fin de la Dame aux Camélias.
Son profil.
Son trois-quart.
Sa gorge.
Son grain de beauté sur le sein gauche.
Son sourire.
Son rire évidemment, ce rire d’enfant qui n’aurait pas grandi.
Son naturel, malgré son statut de star.
Sa gentillesse. Son écoute des autres.
Son immense talent.
Ouais, je crois qu’on peut dire que j’aime bien Isabelle.
« C’est moi qu’vous voulez ? Hé ben vous m’aurez pas. » Subway
Je te l’avoue lecteur : pendant la première demie-heure, en tête à tête avec le bourreau -toujours la meilleure partie (*)- je me suis inquiété.
J’ai eu peur qu’il soit arrivé quelquechose à Isabelle.
Le genre de truc bête et bien emmerdant, une entorse ou accident du même genre.
Pourquoi ? Parce que, imperceptiblement d’abord, je l’ai vue avoir du mal à se déplacer. Je ne quittais pas ses pieds nus, et constatais qu’il y avait quelque chose de bizarre dans ses déplacements.
Elle se tenait la hanche, s’accroupissait péniblement et se relevait avec encore plus de peine.
Je guettais d’autres signes sur son visage.
Naïf que j’étais ! Mais non, d’ailleurs elle gambadait aux rappels : c’était tout simplement un ajout de mise en scène par Didier Long depuis les premières -et si lontaines pour moi (**)- représentations.
Il s’est enfin souvenu que dans le texte Marie Stuart dit que « les douleurs m’ont reprise », et répond à son médecin, plus tard dans la pièce, qu’elle a « des douleurs dans tout le corps ».
Il a dû se dire que peut-être ça serait pas mal que ça apparaisse dans le jeu d’Isabelle.
Et donc Isabelle claudique, se tient le ventre, a du mal à s’assoir, s’agenouiller, et ne peut carrément pas se relever sans aide.
L’air de rien, ça éclaire sacrément la pièce.
Bizarre que ça n’ait pas été souligné dès le départ ; Isabelle ne claudiquait pas aux premières, ne grimaçait pas de douleurs.
Elle n’avait pas non plus les cheveux gris, faut reconnaître.
Entre la 1ère et 3ème représentation ils avaient eu la bonne idée de blanchir ses -si beaux- cheveux de jais, afin d’être davantage dans l’esprit et le physique de quelqu’un qui vient de passer toutes ces années en prison.
Plus que jamais ce soir l’enlaidissement, le vieillissement d’Isabelle (est-il seulement possible ?) était de rigueur : cheveux poisseux, gris, par paquets…
Claudication donc.
J’en viens même à me demander si Isabelle ne porte pas une « prothèse » sous la chemise, pour la faire paraître plus en chair.
Si ce n’était pas le cas, et pour ne pas risquer la gaffe du siècle, nous dirons donc :
soit qu’Isabelle depuis la mi-septembre est en pleine ragingbullisation, et que comme De Niro, elle joue aussi des variations de son corps (ce que tous les critiques ont reconnu d’ailleurs) ;
soit qu’elle dîne tous les soirs avec l’équipe, et que pour tenir un rythme épuisant, « elle mange » comme dirait Chirac.
(Un détail connu, car visible, de moi seul ce soir, me fait penser qu’elle doit se bourrer de plaques de chocolats
)
A part ça, effectivement le rôle est fatiguant, notamment pour la voix, qu’elle avait cassée dès le départ, et dans un état limite aux dernières répliques : il était temps que la pièce se termine.
(Sur scène pendant deux heures, elle ne peut à aucun moment soigner ou s’hydrater la gorge.)
(*) Mais c’est mieux, beaucoup mieux ! Je suis sorti de Marigny ce soir en me répétant « c’est bien, c’est bien ».
Des trucs enlevés, plus de clarté dans le texte, plus de liant dans la mise en scène et le jeu des comédiens, les -quelques- répliques drôles passent et percutent mieux, ça passe beaucoup plus vite.
Certes le texte reste le même et je continue de penser contrairement aux critiques qu’elle a moins de palette à jouer que pour la Dame, mais c’est bien, mieux.
Quand le Doyen puis le Comte de Kent sont apparus, signifiant la fin proche tant de Marie Stuart que de la pièce, j’ai regardé ma montre discrétement pour m’en étonner. Et pourtant il y avait bien déjà 1h45 de passée.
Faut croire que le temps passe vite en compagnie tête à tête d’Isabelle ![]()
(**) J’avais presque oublié à quel point on est près au premier rang. A quel point on peut se faire son gros plan, fixe sur Isabelle, pendant deux heures.
A quel point on est bien. ![]()
J’ai acheté le programme (il n’était pas encore dispo aux premières) et j’ai falli alller me le faire dédicacer.
Et puis non, par ce je ne sais quel manque de décision qui m’a retenu.
C’est d’autant plus idiot qu’il n’y avait que trois-quatre personnes à la sortie des artistes, et que j’avais à lui dire toute l’inquiétude qu’elle avait suscitée pendant le début de la réprésentation.
J’ai regretté mon manque de courage dans la seconde qui a suivi. Me suis longuement pausé devant la Grille du Coq pour réflexion. Et je suis rentré à mon hôtel.
Bon, quand est-ce que j’y retourne ?
[tags] Isabelle Adjani, Marie Stuart [/tags]
« J’étais reine d’Ecosse. Et Reine d’Angleterre. »
Autant de fois que possible jusqu’au 31/12.
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