J’en ai déjà parlé, j’y reviens.
Préambule : quel est le contexte, quelle est la seule - parce que pour eux naturelle- façon de se comporter des jeunes, leur réflexe vis à vis de la musique ?
Je reviens sur ma discussion d’hier - pendant mon heure de déjeuner - avec les étudiants qui étaient restés pour parler internet et, de lien en lien, iTunes, mp3, Napster eMule Limewire, DRM et licence globale.
Je donnais mon avis : depuis toujours, comprendre la fermeture d’AudioGalaxy, le même, i.e que la seule solution possible c’était une “licence globale”, un abonnement, un forfait all-you-can-eat, avec ensuite répartition des droits d’auteurs à hauteur des téléchargements.
L’un d’entre eux, iPod 5G dans la poche, n’avait pas la moindre idée de ce qu’était un DRM et découvrait les limitations des “achats” sur iTunes (qu’il n’avait de toute façon jamais eu dans l’idée de faire.)
Je racontais que “de mon temps”, ce qu’ils dépensent maintenant en forfait mobile -20-30-40€/mois ?- je le dépensais en CD.
Ca faisait grosso modo 3 CD par mois, une trentaine dans l’année, et c’était déjà énorme !
On était pas si nombreux à acheter “autant” de disques, à être aussi “gros consommateur” de musique.
Un consommateur “normal” en achetait quoi 10, moins que ça, 5 ?
Et de lui décrire que, nécessairement, on écoutait, à fond, en boucle, ces quelques trois albums du mois, bref on les écoutait “vraiment”.
Le reste on le découvrait en écoute à la Fnac sur des bornes, comptant sur la connaissance de vendeurs mélomanes et pas simplement vendeurs de lessive comme aujourd’hui.
Tandis que je lui racontais ça, il ouvrait des yeux comme des soucoupes, me fixait comme si je parlais en klingon, et tentait de décrypter ce curieux et incompréhensible langage.
Il a fini par traduire en notions d’aujourd’hui, est sorti de son incompréhension et m’a lâché : “aujourd’hui, je vais chez un copain et je lui prends d’un coup ses 15 Go de musique“.
Effectivement on n’était pas de la même époque et on parlait pas le même langage.
Enfin, moi si, mais les maisons de disque sûrement pas.
Il vivait persuadé que la musique c’était gratuit, et que ça circulait sans autre forme de procès, qu’on avait envie d’un truc, qu’on cliquait sur emule et qu’on ramenait l’album en quelques secondes.
J’ai tenté de lui faire entendre que, quand même, il fallait bien que les artistes - gros comme petits- soient rémunérés d’une façon ou d’une autre.
Il le reconnaissait mais ne voyait pas comment, puisque lui ne voulait pas payer la musique qu’il obtenait par lots.
Tel est le contexte.
L’autre jour j’étais allé consulter les charts du Billboard, pour voir l’actu, savoir qui vend le plus, notamment les albums Country, histoire de rester au courant et parce que je venais de découvrir les Wreckers chez Conan.
Le Top Ten en main, histoire d’écouter, de découvrir ces disques, le (mauvais) réflexe eut été de lancer un soft P2P et de télécharger ces albums, (écouter 30 sec, morceau par morceau, sur iTunes n’étant pas une alternative sérieusement envisageable).
C’est là où j’ai trouvé la solution proposée par Billboard rudement finaude, alliant le plaisir de la découverte, la qualité audio, la légalité, la diversité, et donc la gratuité.
Ca n’est pas récupérer/télécharger/acheter/posséder les albums, mais ça n’est déjà pas si mal.

A côté de chaque album on peut cliquer sur Listen to the Radio, ça lance Pandora (quand on déjà inscrit c’est totalement transparent) et c’est parti, on écoute non seulement des titres de l’artiste choisi, mais les artistes associés, équivalents, de la même famille.
Bien foutu (puisque c’est Pandora).
A tout instant on peut dire si on apprécie ou non tel ou tel artiste, qui sera ainsi augmenté ou diminué dans la rotation qui vous est proposée.
Aucune pub, aucun blabla, une qualité sonore tout à fait acceptable… bien sûr il faut être connecté, et on ne peut pas quitter son chez soi avec (sauf à passer par des solutions de captation audio).
Pas la panacée, pas la réponse absolue ou définitive, mais je trouve ça tout simplement intelligent.

(Ca marche bien sûr pour tous les genres de musiques, tous les types d’artistes.)
-> Billboard
-> pandora.com
PS : Sont pas mal du tout ces Wreckers (où l’on retrouve Michelle Branch).