Ma première visite, il y a longtemps, ne m’avait pas laissé de souvenir précis (à part la tournée Lilith Fair qui m’y avait amené).
Je ne suis pas sûr que la seconde m’en laisse davantage.

Evidemment je donne là l’avis parfaitement subjectif d’un touriste piéton, qui ne fait en 3-4 jours que gratter imperceptiblement la surface d’une énorme métropole nord-américaine, dont je ne sous-estime évidemment pas la vie culturelle, artistique, universitaire, nocturne, le cosmopolitisme, les théâtres, les restaurants (7000 ?), le festival du film etc…
Néanmoins.
Je cherche depuis trois jours un adjectif pour la décrire.
Rude m’est d’abord venue à l’esprit. Rébarbative ? Masquée ? Repliée ?

Un front de lac invisible et inaccessible entre chantiers, hautes tours de condos, freeways et voies ferrées puis un lac Ontario invisible par les îles qui en masquent l’horizon.
Des rues rectilignes, quadrillantes, infinies et répétitives, ennuyeuses.
Une ville carapace, repliée sur elle-même, où tout est caché, à l’intérieur, invisible au piéton dont elle n’offre que l’envers.
Evidemment pour des raisons de météo, d’hiver long et rigoureux dont je n’ose imaginer la pénibilité.
Il faut pouvoir vivre, pendant des mois, largement sous 0°C, donc “inside”.
Le Financial District, les hautes tours du CBD me sont étouffantes, opprimantes, sans point de fuite.
Vous allez me dire que c’est pareil pour Chicago ? (je laisse de côté NY).
Mais Chicago offre une spectacularité (ça se dit ça ?) autrement plus grande.
Chaque tour est une oeuvre d’art, un tour de force, la vitrine de l’architecte qui l’a conçue .
Le front de lac est constamment présent ET magnifique, les parcs, les plages, la rivière.
Le Magnificent Mile, la John Hancock Tower qui tombe quasiment dans le lac…
Tout est certes “bigger than life”, “trop”, mais spectaculaire.

Vous allez alors me dire Montréal, sa jumelle francophone.
Mais Montréal a un charme que n’a pas Toronto.
Peut-être dû aux pentes vers le Mt Royal, aux rues plus sinueuses qui longent le St.Laurent, au fleuve lui même.
Aux québecois aussi sans doute.

Sauf à arpenter la ville souterraine et ses galeris marchandes, Toronto n’offre que peu à voir au touriste qui arpente ses rues.
Un quartier chinois conséquent ? Certes.
King et Queen St., Spadina et bien sûr Yonge St…

Y vivre doit y avoir ses bons côtés (et ses mauvais comme partout) ; y passer quelques jours en touristes peut se comprendre ; y revenir régulièrement, en vacancier, comme je pense déjà le faire à Boston ou à San Francisco, certainement pas.

p1030461.jpg

Leave a Reply