Un gars reprenant en même temps que moi son vestiaire hier soir au Rond-Point dit à sa copine : “un vrai fiasco”.
Y’a pas à dire, ils parlent bien ces Parisiens.

J’allais plus simplement dire que c’était un ratage complet, un foirage total, ou que c’était à chier.
Mais effectivement “fiasco” 1° c’est mieux dit 2° ça résume tout aussi bien mon impression en sortant hier de la représentation de l’Epilogue -part.1- de Philippe Caubère.

Le spectacle de trop ? Le spectacle inutile ?
Le programme me dit que c’est au contraire le fruit de ses toutes premières improvisations d’il y a 25 ans.
Alors nous dirons que c’était le spectacle à ne pas exhumer, à garder au fond des valises et des greniers.

Ennuyeux, triste, pire morbide.
On ne rit plus.
On n’a plus envie de rire quand il nous avoue qu’il n’est là (aujourd’hui ? en 1980 année où se passe la pièce) que “parce qu’il faut bien bouffer”.
Ce fût drôle, ça ne l’est plus, quand il ressasse qu’il ne sait pas faire concis, qu’il est là parce qu’il ne sait pas faire autre chose et qu’on le fait vivre.

Plus introspectif que jamais (si tant que ça soit possible dans l’oeuvre de Caubère toute entière autobiographique), plus psychanalytique que jamais, pire : là franchement maladif.
On est, j’étais mal-à-l’aise.
L’impression d’assister à une séance dont j’eus été le psy -cette fois ci - à mon corps défendant.
La mort, le suicide rôde pendant deux heures interminables où, il faut quand même l’avouer, Caubère n’a pas grand chose à dire dans cette première partie.
(Quid de la seconde des jours impairs, que je vais voir ce soir ? La réponse demain ..)
Il ne fallait pas en faire deux parties. Il ne fallait pas la détacher du corps de l’Homme qui Danse (amusante formulation pour une histoire de pendu), des 6 épisodes précédents (on reprend exactement là où on s’était arrêté l’an dernier).
Oui, fiasco, y compris dans le calendrier.

Moi qui me faisais une joie de voir mon cher et vieux camarade Caubère, je suis reparti vers mon hôtel déçu, hébété, triste dans Paris malgré la beauté de l’itinéraire : Concorde, Fbg. St-Honoré, pl. Vendôme, rue de la Paix, Gds Boulevards, Folies Bergère parcourus de pittoresques cyclistes Vélibants.

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