Je sors de Lear.
Ou plutôt je me suis tiré à l’entracte, soit quand même au bout de 2h20.
Trop c’est trop, y’a des limites au supportable.
Comme ça je sais que ça n’est pas la peine que je me batte pour aller, l’été prochain ou n’importe quel autre, au Festival d’Avignon.

Non seulement une grande partie des spectacles présentés est imbittable, mais même ceux qui sont “célébrés par toute la critique” comme c’est le cas de ce Lear mis-en-scène par Jean-François Sivadier (qui a encore été le coup de coeur d’Armelle Héliot dans le dernier Masque et la Plume Théâtre), me me sont insupportables.
C’est une bonne leçon. Maintenant je connais mes limites.

La cour, enchantée et enthousiaste, les ovationne longuement.

-> http://www.lefigaro.fr/culture/

Au delà de ça, voilà le troisième Lear que je vois en 12 mois -après celui de la compagnie de l’Oiseau Mouche, et celui “de Piccoli” à l’Odéon, vu in situ aux Ateliers Berthier, je ne parle donc pas de la captation télé passée sur Arte-, et voilà trois fois que je ne comprends strictement rien à ce qui se passe devant moi.

J’ai beau avoir sorti mon Classique Garnier-Flammarion Bilingue, relu l’analyse critique et ce qu’il faut en comprendre, je ne comprends rien à l’intrigue, aux actions des comédiens, à ce qu’ils font devant moi, à l’avancement de la pièce .
Bref un Shakespeare auquel je reste totalement hermétique.

Ceci dit, qu’une pièce puisse aussi bien être montée en 1h30 (Reteuna), en 2h20 (Engel) ou ici en 3h45, non pas tant en jouant sur les rythmes des comédiens, mais bien en sabrant dans le texte, me laisse perplexe.

Quant à la forme, je l’ai vu dans un chariot (Reteuna), en Borsalino années 30 (Engel), et sur plan incliné à époque indéfinissable (Sivadier).

Mais j’aimerais bien la voir “à plat” au moins une fois, pour voir si je pige quelquechose.
Parce que ce soir c’était le contraire et à peu près chaque parti-pris de mise-en-scène m’était pénible parce que illisible.
On ne comprend rien de la temporalité -les changements de scènes ou d’actes-, ou de la topographie des lieux.
On ne comprend rien des intentions des acteurs, qui courent autour de l’espace incliné, ou s’y meuvent sans qu’on sache le pourquoi ou le sens de leurs déplacements.
Ils disparaissent et apparaissent, ils s’envolent même, mais d’où viennent-ils, où vont-ils, mystère.
Je suis ouvert à toutes les audaces de mise-en-scène, encore faut-il qu’il y ait un minimum de lisibilité, encore faut-il surtout que ça éclaire certes, mais que ça rende compréhensible le texte.
Ca n’est, pour moi, ici, pas du tout le cas, et je ne sais rien du temps, de l’espace, des intentions et des mouvements des comédiens.

J’ai vu avant “l’entre-acte” des rôles et des scènes absolument pas vues chez Engel/Piccoli (ou tellement décalées que je ne les ai pas reconnues ? c’est possible !!).
J’avais devant moi un gars à demi nu (qui jouait par ailleurs comme un pied, comme quelques autres de cette production pourtant encensée), dont je ne savais absolument d’où il sortait et à quoi il servait dans l’intrigue : un “serviteur” me dit le programme ? je ne sais pas…
Quant à Lear lui même, il a fini ce “premier acte” intégralement nu…

Ah oui, j’ai oublié de préciser que chez Sivadier, Regane (une fille de Lear) est jouée par un mec, et Kent évidemment par une fille, histoire de simplifier le propos ; que tous les comédiens ont à peu près le même âge - filles et pères ; que les costumes partent dans tous les sens et que rien n’est synchrone.
J’ai dit basta -ou too much-, et je suis sorti.
Vivement le prochain Lear !

-> http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=29806
-> http://www.fluctuat.net/5530-Le-Roi-Lear-Jean-Francois-Sivadier
-> http://www.webthea.com/actualites/?Nanterre-Theatre-Nanterre,1240

2 Responses to “Tire-Lear”
  1. roland says:

    Bien fait ;-) Faut pas aller voir ces spectacles d’intellos, tu serais allé voir Jenifer, tu ne serais pas sorti avant la fin ;-)))

  2. arnaudt says:

    certes :)

    PS : me dis pas que tu es allé voir Jenifer quand même !!
    (dont je serais bien en peine de nommer un titre, ou que je saurais pas reconnaître de Nolwenn et autres chanteuses à la mode)

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