[Extérieur Nuit, une rue typiquement parisienne]
Je rentrais vers mon hôtel, la tête encore pleine de cette Dernière que je sais déjà inoubliable de Cabaret, de cette représentation, du public ovationnant dès le noir-salle, du final, des gens debout, des artistes en pleurs … quand je devine, de loin, trois hommes en gros blousons devant mon hôtel.
Quelques pas plus loin j’en ai désormais la certitude, ce sont bien des policiers qui discutent avec mon veilleur de nuit.
Encore quelques pas plus haut (la rue est en pente) et je repère la voiture de police garée en face.
“Bonsoir Messieurs” fis-je, toujours poli devant les forces de l’ordre.
“Ca va ?” demandé-je à mon veilleur de nuit sur le trottoir, tandis qu’il faisait tourner dans sa paume un verre d’alcool blanc.
“On discute entre amis“, me répond-t’il tandis qu’il rentre pour me donner ma clé.
Je m’en étonne : “parce que en général, quand on appelle la Police …”
C’est là qu’il me livre l’explication : “je viens de me faire braquer“.
Deux gars ont jailli de la rue, lui ont pointé un flingue et ont demandé la caisse.
C’est alors seulement que je repère un monsieur, assis immobile dans un fauteuil de la réception, faisant lui aussi tourner dans sa paume un verre d’alcool, ambré cette fois.
“C’est Monsieur - me dit mon veilleur de nuit, en désignant un client italien affalé dans un fauteil- qui en rentrant les a mis en fuite.
Mais ils ont quand même prix la caisse. Oh, pas grand chose, 300 euros.”
Je suis évidemment aussi interloqué que lui, juste moins pâle.
Ma dernière de Cabaret est déjà loin et j’ai l’air d’un con avec mon programme dans les mains.
J’allais sans doute lui en demander davantage, à tort sans doute, mais c’est alors qu’arrivent deux inspectrices.
Je regagne ma chambre, pantois, me demandant si je vais aisément trouver le sommeil.
[Intérieur Nuit - Petit Matin]
Mon veilleur termine son service, le responsable de jour n’est pas encore arrivé.
Il est au téléphone, raconte sa nuit, je m’enquiers d’un geste, il me fait signe que ça va.
Petit-déjeuner, je repasse devant le Desk.
“Comment ça va ? Comment a été la nuit” tenté-je maladroitement de lui demander.
“Encore groggy, me dit-il, pas eu le temps de la voir passer.”
- C’était deux inspectrices hier soir ?
- Non, je crois plutôt que c’était une sorte de cellule psychologique, quand on se fait braquer. L’ont pas dit comme ça précisément, mais les inspecteurs eux sont arrivés plus tard.
- Ah ?
- Oui. Puis la police scientifique est passée prendre les empreintes. Ils m’ont demandé si les braquers avaient des gants, j’ai été incapable de leur répondre.
- D’après la description que vous leur avez donnée, ils étaient “connus des services de police” ?
- Ah mais ils étaient cagoulés. Cagoule + casque de motard.
Mais c’était des gars de banlieue d’après l’accent.
25 ans.
Et puis après ils ont pris des photos du lieu.
- Ah oui ? la totale quoi !
- Oui. C’est un braquage à main armée.
Se dire qu’on est à la merci de gars qui ont même pas 200 mots de vocabulaire..”.
Cette dernière remarque m’a désarçonnée, car je l’ai presque trouvée … incongrue, inattendue en tout cas, venant d’un gars qui s’était fait braquer pour 300€.
J’ai surtout pensé que la nuit avait dû être bien longue, à son poste derrière son Desk, sans remplaçant, à gamberger en attendant que le jour se lève.
Je suis parti travailler.

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janvier 28th, 2008 at 10:02
Hé ben! C’est dangereux de quitter le plat pays quand même! Promis pour ne pas te faire de frayeur j’éviterais de passer dire bonjour à la fac en moto…
Au fait,rien à voir mais le mac mini du collègue,”ils” le brule sur le bucher à la gloire du Dieu Windows?
janvier 28th, 2008 at 10:16
Vous faîtes de la moto ???
Nan, sans déc…
Cuir, bottes, aigle dans le dos et tout ?
Ah mais il faut passer absolument au contraire !!
PS : oui, voilà, à force de tout faire pour “casser” les gens, ils y parviennent.
Mais j’ai une bonne nouvelle : je ne compte pas être le suivant.
janvier 29th, 2008 at 7:20
Ça y est, le Arnaud qui fantasme ;-)))
janvier 29th, 2008 at 10:02
Bah oui, je fais de la moto, m’avez déjà vanner sur ça, vous souvenez plus??? (non, je n’ai rien dit sur l’âge)
Toute la panoplie sauf l’aigle qui fait un peu ring’ , un casque personnalisé et une moto old fashion, une cb750 noire (2ème génbération). Vous chercherez à quoi ça ressemble!
D’ailleurs sortie dimanche prochain pour l’enduro, pardon l’enduropale comme on dit maintenant. C’est donc dans le 62, si vous avez rien de prévu…
PS: ah bon, vous comptez pas être le suivant, étonnant!