Quelle putain de soirée.
Le décor tout d’abord. Ce Bank of America Pavilion planté au milieu du port. Avec les bateaux qui vont et qui viennent tandis que le soleil se couche, donnant à la skyline de Boston des couleurs de feu.
On ne se sait plus dans une métropole américaine, on se croit dans un de ces “tentes” de festival d’été sur la côte, genre Cape Cod Melody Tent.
Bruit de mouettes.
Loin de la grande ville, ça fait du bien.
L’ambiance ensuite. Quasi uniquement des quinquas -bien tassés- venus revivre leur adolescence circa ‘69-’73 ; des chevelus des barbus en chemise hawaienne ou psyché -minoritaires mais quand même-, des gars un peu comme toi Marc2, avec ton look si tu remplaçais ton ciré jaune par une chemise hippie peace-sign, tu vois le genre ?
Des stands de “veterans for peace” “bring them home now” qui distribuaient des bouttons “PEACE IS PATRIOTIC”.
Bref on était bien.
La claque dans la gueule musicale enfin et surtout.
Ouaahh ! Evidemment une setlist (*) de standards tout droits sortis des 70s, intacts, vivants. Un public qui chante, claque dans les mains, standing-ovationne chaque morceau.
La merveille des harmonies vocales des trois lascars ; la pureté semble-t’il inaltérable de la voix de David Crosby ; les solos de guitare de Stephen Stills : voilà ce que j’appelle DE LA MUSIQUE !
La qualité des chansons n’a pas bougé depuis trente ans et , actualité oblige, les textes et thèmes résonnent encore en 2008.
Quand Nash entonne une chanson récente - qui n’est pas d’eux- sur la clique au pouvoir depuis 8 ans, sur les corporations qui se font des tonnes de fric sur le dos de gamins “qu’ils enverraient à la guerre encore plus jeunes s’ils le pouvaient”, sur les guerres préemptives, c’est le délire des 5000 personnes sous la tente.
Très - très très- peu de Républicains dans le lot.
Bref on était bien (bis)
D’autres chansons, plus légères, comme Our House, que Crosby introduisit en disant que “selon une étude menée par l’Université du Massachussets, 45% des jeunes femmes américaines entre ‘69 et ‘73 ont perdu leur viriginité sur cette chanson“.
Après l’entracte d’une demie heure (hé oui) qui nous a laissé le temps d’aller boire un coup, de visiter les stands anti-guerre et d’apprécier le port de Boston dans la nuit, avec les bateaux à touristes et leurs loupiottes éclairées, ils sont revenus avec du lourd, comme un Almost Cut My Hair de derrière les fagots.
Teach Your Children en Encore repris/chanté par tout le public debout, Peace comme dernier mot en sortant de scène, ce soir ils sont à Atlantic City.
Retraversé Boston à pieds - il faisait bon et je me sentais bien- jusqu’au Common où j’ai quand même repris le métro. Mal m’en prit : c’était la sortie de Fenway Park, des hordes de fans des Red Sox s’entassaient dans les rames et sur les quais. Quelle vision, quel bonheur ! 
Je n’ai pas osé demandé le score : devant l’absence de cri de joie “let’s go Red Sox” et devant les mines déconfites, j’ai vite compris qu’ils avaient perdus.
La revance c’est tout à l’heure 16h -22h chez toi ami Français, c’est live sur NASN si tu es cablé/satellisé- et j’y serai (bien en avance).
(*) setlist approximative (courtesy of ibabuzz)
“Wasted on the Way”
“Marrakesh Express”
“Long Time Gone”
“49 Reasons”
“Military Madness”
“Wounded World”
“Immigration Man”
“Déjà Vu”
“Delta”
“Helplessly Hoping”
“Southern Cross”
“Our House”
“For What It’s Worth”
“Almost Cut My Hair”
“Wooden Ships”
Encore:
“Teach Your Children”