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Archives pour 03/11/2008

The Day Before

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Election-Day c’est demain, même si je sais que Bush restera en place jusqu’au 20 janvier prochain, le temps de faire les cartons dans la Maison Blanche  que les délégués parviennent, de tous les coins de l’Union, jusqu’à Washington, survivance des temps anciens.

Je pense qu’Obama sera élu, je ne crois pas à l’effet Bradley, du nom du maire noir de LA, en tête dans les sondages mais qui a perdu quand les votants se sont retrouvés dans le secret de l’isoloir plutôt que devant un sondeur.
Je pense qu’il sera élu parce que l’Amérique veut croire qu’il sera son prochain président, veut se tendre ce miroir là, veut se renvoyer, à elle même bien plus qu’aux autres, cette image là, veut se croire moderne et réinventer Camelot en même temps, veut croire qu’elle a tourné définitivement le dos aux vieux démons ségrégationnistes, veut se croire en avance une fois de plus sur le reste du monde
Ce qu’elle n’est évidemment pas. 

Par ailleurs, que le Monde Entier « vote Obama », elle s’en fout bien.
Elle veut s’auto-créer cette néo-mythologie, comme un film de propagande en temps de guerre, comme le Hollywood de l’Age d’Or, celui des années de crise ou de la guerre froide, celui de toute éternité qui propage sa bonne parole, tant en interne qu’au Monde Entier qui, naïvement, croit en ce qu’il voit.

L’Amérique va, demain, se créer son propre film, son propre imaginaire, relancer la machine à rêves.

Je me souviens, comme certains l’ont fait remarquer avec drôlerie, que quand les les USA ont un président noir c’est que les aliens vont tout  faire sauter -et plus particulièrement le Capitole- dans le quart d’heure de film qui suit. 

Enfin, au moment où tout le monde célèbre la troublante et remarquable similitude entre les deux dernières saisons de The West Wing et la campagne qui s’achève, j’ai encore devant les yeux le season finale de la première saison, où quelques néo-nazis tirent sur l’aéropage du président, parce que sa fille sort avec l’aide, noir, du Président Bartlett.

Je n’oublie surtout pas toutes ces bandes de tarés, de White Supremacists, KKK et autres néo-nazis prêts à flinguer un président qui n’entre pas dans leur nuancier Pantone ; je n’oublie pas Timothy McVeigh et tous ses congénères, groupuscules terroristes prêts à tout, à faire sauter un building symbole d’un »gouvernement fédéral tyrannique » (sic) même s’il abrite une garde d’enfants (et à en tuer 19) ;  je n’oublie pas les précédents John et Robert Kennedy -sans même remonter à Abe Lincoln- d’un pays qui tue fréquemment ses présidents ; je n’oublie pas MLK.

Cela choquerait le monde sans pour autant me surprendre, et ferait entrer les US dans un âge glaciaire dont ils ne sortiraient plus de si tôt.

Pour une fois, espérons que Sorkin et ses conseillers es White House n’auront pas été aussi brillants et prophétiques que d’habitude, n’auront pas tapé dans le mille comme ils l’ont fait pour tout le reste.

Inch’Allah/God Bless.

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Fanny

03/11/2008 arnaudt un commentaire

Je me souviens de Noces en Galilée, de ce beau film belgo-palestinien de Michel Khleifi, que j’avais vu il y a quelques années (20 ans ? déjà ?) alors que j’étais étudiant et que je fréquentais encore à l’époque les salles Art & Essai (j’avais même que ça à foutre).
Je me souviens que, dans le film, tandis que la noce battait encore son plein en bas et que les invités festoyaient, les époux étaient partis consommer leur union, et que le marié devait redescendre plus tard en brandissant un drap taché de sang, preuve de la virginité de sa jeune épouse.
C’était il y a 20 ans (seulement ?) et c’était en Palestine. 

Je ne sache pas, je ne crois pas que les choses aient beaucoup changé depuis, là-bas, détrompez moi si c’est le cas

Pourquoi je vous parle de ça ? Parce que j’ai vu Fanny samedi soir en direct du Vieux Colombier, salle appartenant à La Comédie Française, avec la troupe du Français,  et que ce fût un plantage dans les grandes largeurs. (Je me demande encore comment on peut à ce point passer à côté de son sujet. )

On connaît l’histoire, je ne la rappelle donc pas (si ? Fanny a fauté, est enceinte de Marius sans être mariée, tandis qu’il a pris la mer pour ne plus jamais revenir, croit-il, et elle va accepter d’épouser Panisse, veuf sans enfant, qui l’avait déjà demandé en mariage) ; on connaît le folklore : Cesar, Panisse, Escartefigue, M. Brun … ; on connaît enfin le film dans sa trilogie, avec évidemment Raimu.
On ne comprend l’histoire, on ne peut appréhender la tragédie, le sacrifice de Fanny qui ne peut pas attendre le retour de Marius deux ans plus tard, parce qu’elle est enceinte, déshonorée, et qui accepte donc de se marier avec ce vieux Monsieur qu’est, à 54 ans, Panisse, que si on a un contexte pour le comprendre.  

Contexte temporel : la France, Marseille, des années 30. Avant la guerre et la Libération, avant les ’60s, avant 68 et la révolution sexuelle, en tout cas pas de nos jours, où plus de la moitié des enfants sont issus de parents non mariés (mais ça, apparemment, la metteuse en scène Irène Bonnaud ne semble pas le savoir), pas de nos jours où, une jeune fille n’est plus mineure à 19 ans et où un homme de 54 ans n’est pas encore un vieillard. 

Ou contexte spatial ou sociétal: la Palestine, on y revient, ou tout autre pays/région  où la religion, les rapports hommes-femmes ne sont pas les nôtres, où les mariages forcés sont légions, où la virginité demeure là-bas un élément essentiel, quelque chose  qui pourrait annuler un mariage par exemple, (un truc qui ne peut pas exister par chez nous, si ?), bref où les codes sont différents.

Tiens, j’aurais bien imaginé une jeune troupe entièrement maghrébine, ou noire, ou 100% constituée de jeunes filles jouant la pièce, y compris les rôles masculins, et la re-situant, la restituant quelque part au Moyen-Orient.
Ca aurait donné quelque chose à entendre, quelque chose à comprendre.
J’aurais bien vu ça dans une toute petite salle, ou aux Bouffes du Nord.
Evidemment ça n’est pas possible au Français.
Evidemment ça n’est pas non plus ce que souhaitait Irène Bonnaud, qui cherchait sans doute à universaliser la pièce de Pagnol.
- Elle en a ainsi supprimé les accents pour en supprimer le cadre spatial et le pittoresque folklore : pourquoi pas. Mis à part les premières scènes « de groupe » et quelques absurdités (le « parisien » qui lui a l’accent marseillais), ça passe plutôt bien.
- Elle a ainsi supprimé le cadre temporel, en multipliant les « anachronismes », malheureusement tous aussi idiots les uns que les autres : Abba et les Coliposte, le téléphone portable et les Parapluies de Cherbourg, et là c’est aberrant (pour ne pas dire pire).
Parce qu’on peut supprimer l’un, mais pas l’autre (ou inversement).
Ne pas situer dans le temps, multiplier les époques, mettre une tenue 60s et une choucroute sur la tête à la tante Christine, pourquoi pas, mais il faut alors situer socialement ou géographiquement l’histoire.
En banlieue, dans le (Quartier) Nord, que sais-je … violer Pagnol s’il le faut (si c’est pour lui faire un bel enfant, comme dit l’autre), enlever le pittoresque, les scènes et répliques inutiles

On ne peut pas faire interagir les personnages « comme aujourd’hui », dans leurs rapports parents-enfants notamment,  et en même temps vouloir faire comprendre le comportement de Fanny qui semble perdue dans un trou spatio-temporel, à se débattre et se sacrifier ainsi dans une époque où elle erre seule, en se lamentant sur du Michel Legrand.
Ou alors c’est Fanny-Antigone, qui brave les conventions et les codes de l’époque, mais il faut nous le dire 

Pour encore en rajouter, Irène Bonnaud (que je ne connais pas mais dont je vais suivre attentivement les prochains projets) a distribué et dirigé ses comédiens à l’emporte-pièce.
Je me souviens (oui encore) de ce metteur en scène de cinéma à qui on demandait comment il dirigeait ses acteurs, et qui répondait que tout se faisait au moment du casting, qu’une bonne direction consistait à savoir choisir les comédiens qui correspondent au rôle et qu’il n’y avait ensuite plus rien à faire ou dire.
J’ai rarement vu aussi mauvais casting de théâtre, aussi désincarnés personnages (je sauverais Catherine Ferran, elle très juste en Honorine).
Même sans avoir revu la trilogie récemment, même sans avoir pensé à Raimu, on ne pouvait trouver pire comédien pour jouer César.
J’ai rarement vu tout simplement aussi mauvaise mise en scène, I. Bonnaud ne sachant pas choisir le registre de la pièce, faisant rire aux moments tragiques et inversement, multipliant le mauvais goût :  même le public était mauvais c’est dire ! (Claque payée par France2 pour rajouter une vraie-fausse bande sonore avec forces rires et bravos finaux ?)

C’était la dernière, je n’ai donc pas besoin de vous dire de ne pas y aller.

 

PS : Armelle Héliot a pourtant aimé. Ben alors Armelle ?

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Spread the wealth !

03/11/2008 arnaudt 5 commentaires

Comme moi sans doute, vous avez tous vus cet extrait de meeting de John McCain où, finger quotes à l’appui (il en use et abuse), il dénonce Obama, menaçant que ce dernier va « distribuer la richesse ».
Aussitôt la foule de « booer » en coeur cette idée.
Je ne suis pas tant choqué – je le suis- que désemparé, ahuri devant cette réaction moins pavlovienne – c’est un meeting- que surtout profondément débile.

Je ne comprends absolument pas en quoi on peut booer l’idée de répartir, de mieux distribuer les richesses.
Comprends pas…
 

Ceci dit, je ne comprends pas non plus pourquoi-comment,  les « pauvres », y compris en France, le bas de la classe moyenne, ceux qui paient peu voire pas du tout d’impôt, votent pour les candidats et les programmes – de droite- qui prônent des diminutions d’impôts 1° dont ils ne profiteront donc pas, voire marginalement 2° au profit des plus riches qui eux en profiteront beaucoup 3° creusant ainsi les inégalités qu’un impôt bien pensé est censé réduire.

Y’a un bouquin là-dessus sorti récemment : pourquoi les pauvres votent à droite. Faut que je le lise, parce que ça me fascine.

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