The Day Before
Election-Day c’est demain, même si je sais que Bush restera en place jusqu’au 20 janvier prochain, le temps de faire les cartons dans la Maison Blanche que les délégués parviennent, de tous les coins de l’Union, jusqu’à Washington, survivance des temps anciens.
Je pense qu’Obama sera élu, je ne crois pas à l’effet Bradley, du nom du maire noir de LA, en tête dans les sondages mais qui a perdu quand les votants se sont retrouvés dans le secret de l’isoloir plutôt que devant un sondeur.
Je pense qu’il sera élu parce que l’Amérique veut croire qu’il sera son prochain président, veut se tendre ce miroir là, veut se renvoyer, à elle même bien plus qu’aux autres, cette image là, veut se croire moderne et réinventer Camelot en même temps, veut croire qu’elle a tourné définitivement le dos aux vieux démons ségrégationnistes, veut se croire en avance une fois de plus sur le reste du monde
Ce qu’elle n’est évidemment pas.
Par ailleurs, que le Monde Entier « vote Obama », elle s’en fout bien.
Elle veut s’auto-créer cette néo-mythologie, comme un film de propagande en temps de guerre, comme le Hollywood de l’Age d’Or, celui des années de crise ou de la guerre froide, celui de toute éternité qui propage sa bonne parole, tant en interne qu’au Monde Entier qui, naïvement, croit en ce qu’il voit.
L’Amérique va, demain, se créer son propre film, son propre imaginaire, relancer la machine à rêves.
Je me souviens, comme certains l’ont fait remarquer avec drôlerie, que quand les les USA ont un président noir c’est que les aliens vont tout faire sauter -et plus particulièrement le Capitole- dans le quart d’heure de film qui suit.
Enfin, au moment où tout le monde célèbre la troublante et remarquable similitude entre les deux dernières saisons de The West Wing et la campagne qui s’achève, j’ai encore devant les yeux le season finale de la première saison, où quelques néo-nazis tirent sur l’aéropage du président, parce que sa fille sort avec l’aide, noir, du Président Bartlett.
Je n’oublie surtout pas toutes ces bandes de tarés, de White Supremacists, KKK et autres néo-nazis prêts à flinguer un président qui n’entre pas dans leur nuancier Pantone ; je n’oublie pas Timothy McVeigh et tous ses congénères, groupuscules terroristes prêts à tout, à faire sauter un building symbole d’un »gouvernement fédéral tyrannique » (sic) même s’il abrite une garde d’enfants (et à en tuer 19) ; je n’oublie pas les précédents John et Robert Kennedy -sans même remonter à Abe Lincoln- d’un pays qui tue fréquemment ses présidents ; je n’oublie pas MLK.
Cela choquerait le monde sans pour autant me surprendre, et ferait entrer les US dans un âge glaciaire dont ils ne sortiraient plus de si tôt.
Pour une fois, espérons que Sorkin et ses conseillers es White House n’auront pas été aussi brillants et prophétiques que d’habitude, n’auront pas tapé dans le mille comme ils l’ont fait pour tout le reste.
Inch’Allah/God Bless.




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