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Making-of [MàJx2]

29/05/2009 arnaudt 5 commentaires

Petit message perso, ciblé mais public, à Benoit Marchal – de l’excellent Déclencheur.com- et à JCDichant – du non moins excellent NikonPassion.com.
Là encore j’ai besoin de plus 140 caractères pour vous faire une demande ;) (et j’espère que vous ne m’en voudrez pas de vous interpeller ainsi.)

Je le savais dès le départ :  c’est le photographe qui fait la photo, pas l’appareil. Je n’ai pas davantage depuis succombé aux syndromes de « la raquette de Borg » (ou du « stylo-plume de Shakespeare« , selon les sources :) ).

Mais ce que je sais vraiment, maintenant  1° que je suis équipé d’un appareil correct 2° que j’ai commencé -un peu- à comprendre la technique, lis beaucoup, analyse et décortique énormément d’images etc…,  plus ça vient, plus je suis persuadé que faire une photo (bonne ou pas, c’est un autre problème), c’est OSER faire une photo.

Oser sortir l’appareil et photographier des choses incongrues, que l’on peut trouver intéressantes mais pas forcément les autres ; oser shooter devant des gens incrédules ; oser aborder quelqu’un pour le photographier.
Oser attirer les regards.
Le photographe n’est pas invisible. Il attire  les regards. Il modifie même ainsi la réalité qui l’entoure et/ou qu’il voulait photographier.

Sauf à être noyé dans un évènement (carnaval, foire, manifestation culturelle quelconque…) ou un lieu touristique et anonymant, entouré par des dizaines/centaines d’autres appareils,  où l’acte de photographier est le lot commun, à part ces moments rares, et finalement peu propices aux photos intéressantes (en tout cas celles que JE voudrais faire), le photographe attire l’attention.
Son appareil, sa posture, sa gestuelle, son action attirent les regards comme s’il avait lui même un projo dirigé sur lui.
Faire une photo oriente la lumière davantage vers vous que vers le sujet photographié.
Malheureusement. :)

Et plus j’avance, moins c’est de savoir la vitesse, l’ouverture, la profondeur de champ, la mise au point, le « développement » ou process dans Photoshop… bref la technique,  qui m’intéressent dans une photo que j’aime, mais c’est un « comment a- t’il fait ? humain » qui m’interroge.

- est-ce une photo volée, prise sur le vif, ou préparée ?
- a t’elle demandé une longue attente, ou fut-elle instantanée ?
- doit-on toujours être prêt, l’appareil au cou, à l’épaule, ou repère t’on un lieu où l’on s’installe, sort son matériel et attend qu’il se passe quelquechose dans le cadre ?
- une seule photo avec CE sujet  a-t’elle été prise, ou 50 ont été faites et c’est la meilleure techniquement qui, a posteriori est devenue LA photo ?
- a t’elle demandé un long repérage ou a t’elle été improvisée ?
etc…

De plus en plus, j’y vois un acte humain (évidemment créatif) bien davantage qu’une technique.

Les données EXIF ne me suffisent plus : je dirais presque que je les trouve subalternes.

Comment fait-on des photos ? C’est une question simple à formuler, peut-être simpliste, mais dont je ne trouve pas la réponse aux endroits pourtant spécialisés… dans la photo.

Je me la pose chaque jour en regardant le travail de Sam Javanrouh dans son excellllent Daily Dose of Imagery (qui est, je l’ai déjà dit et je me répète, ce que j’aimerais pouvoir faire) :

(Et pour en savoir plus :
-> http://www.cbc.ca/arts/slideshows/daily_dose_soundslide/index.html
-> http://www.movabletype.com/blog/2008/09/featured-movable-type-site-daily-dose-of-imagery.html )

Des podcasts , des forums de « découpeurs de pixels en 4 » comme dit mon camarade Rol@nd, des web-shows qui répondent à des questions techniques, il y en pleins, et d’excellents (3 ? bon d’accord : ici, ici et ici) mais des making-of je n’en vois pas (à part ici, découvert très récemment).

[MàJ] Des making-of de cinéma, tout un chacun en est abreuvé : c’est même un argument de vente des DVD et autres Blue-Ray.
Et chacun de savoir que c’est fait en studio ou dans un quartier entièrement bloqué, que ça a pris cinq mois, que la prise a été recommencée trente fois et le champ-contre champ fait à trois mois et cinq mille kilomètres de distance – voire par des comédiens qui ne se sont pas croisés-, que des effets spéciaux ont été rajoutés sur x plans, etc…

Tout le monde le sait, tout le monde connaît les coulisses et techniques du cinéma par coeur.
(On n’est pas pour autant capables de le refaire, je suis bien d’accord.)
Mais chacun ainsi de savoir définir le cinéma, le circonscrire, l’identifier.
On en a même fait une expression commune : « c’est du cinéma » (ou sa variante « c’est pas du cinéma« ), synonyme de c’est du chiqué (ou au contraire, c’est bien réel).

Rien de tel pour la photo (me semble t’il).
On ne sait rien – ou si peu- du contexte, comment ça a été fait, combien de prises ratées pour une réussie, combien de temps de prise de vue, de « chasse » à la bonne image etc…
Résultat des courses : on – le public, je m’y inclus- ne sait toujours pas bien ce que c’est la photo.
Le terme est tellement employé, à tous les sens, tous les usages, bon et mauvais escient, qu’on est perdu.
On pense à photos de vacances ou de familles, photos publicitaires, photos de Doisneau ou Capa, mais à une telle géométrie variable qu’on est bien en peine d’en cerner des contours : l’objet reste flou (un comble).

[NB : Je n'ai jamais d' étudiants - parcours master culturel- qui se plantent autant dans leurs mémoires et soutenances que lorsqu'ils font des stages "dans la photo", parce que justement bien en peine de cerner leur sujet.]

Ce que je voudrais et qui semble ne pas exister, c’est suivre un photographe, dans une de ses sorties photos, et voir comment il procède.
Dans un court making-of.
Pour apprendre.
Evidemment, autant de photographes, autant de styles, de sujets et de façons de faire, et donc autant de making-of possibles.
Une bonne idée de vidéo-podcast Benoit, non ?

Addendum :  à me relire je vois que je ne suis pas forcément très clair, et que ce billet aurait besoin d’illustrations.
Ce sera l’objet de la seconde partie (ce soir, demain ?)
En attendant, voilà déjà un exemple (tiré de mes favoris sur Flickr, car c’est d’eux que vient cette réflexion).

Cette photo de Jean-Christophe Dichant,  prise du Mont StMichel, et toute cette série, m’emballe totalement, mais ne m’interroge pas : le lieu s’y prête, le sujet s’y prête, la promenade d’y prête…

Celle ci-dessous, par exemple, du même auteur, m’intéresse presque davantage, car j’aimerais en connaître le contexte et les coulisses.

C’est un exemple, mais je vais essayer de clarifier/ mieux illustrer mon propos dans la seconde partie de ce billet.

[NB : on aura compris que je parle ici, presque exclusivement, de cette catégories de photographes qui publient BEAUCOUP, qui se font un challenge de publier une photo par jour et numérotent leur production sur 365.
(Oui, Benoit, j'ai bien noté que ce n'était pas votre mode de fonctionnement :) )
Le photographe occasionnel, de vacances, de "sortie photo organisée" est peu concerné par ma question existentielle du moment :) ]

Vous pouvez néanmoins déjà y réagir :)

[MàJ #2] Pas besoin de chercher : la plupart des photos de ce site – qui me plait énormément et vers lequel je voudrais « tendre » – sans jamais l’atteindre, comme on le dit d’une asymptote- conviennent à illustrer parfaitement mes interrogations.

Que ce soit les photos dans le métro (réaction des gens, autorisation, anonymat de la prise de vue…) ; celle du choix/changement de l’objectif devant ce genre de sujet ; comment peut-on foutre ainsi son objo sous le nez des gens ? comment « voler » une photo comme celle-ci, etc…
A peu près n’importe laquelle me pose « question » sur son making-of.
Cyril Genty, si vous me lisez… :)

Que ce soit

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Eloge de Twitter

29/05/2009 arnaudt un commentaire

Dédicace perso @horatius, que je n’arriverai de toute façon pas à convaincre : ce post est pour toi :)
(Oui c’est un post car, pour une fois,  j’ai besoin de plus de 140 caractères ; et j’affirme que je l’ai pensé ce matin dans le train, avant de lire Presse-Citron ! ;) )

Petite anecdote qui, oui, m’enthousiasme (mais j’ai l’enthousiasme facile), et révèle parfaitement pour moi l’intérêt immense de Twitter.

Hier je lis ce tweet de @stevesimon, photographe qui participe au podcast TWIPPhoto, qui ne tweete pas pour ne rien dire, et qui propose souvent des liens intéressants.
Je clique son lien YouTube (cf. ci-dessous), et découvre donc Bruce Gilden, photographe aux méthodes… disons discutables (et dangereuses pour l’entre-jambe :) )

Image de prévisualisation YouTube

Ce  n’est pas un post sur son blog, ça ne sera donc pas accessible dans un quelconque flux RSS [pas plus dans Vienna qu'ailleurs ;) ] mais il utilise Twitter exactement comme c’est prévu cad un outil de micro-blogging.
Ca n’est donc que là qu’on aura pu découvrir ce lien.

Je me dis que ça peut intéresser, amuser ou instruire mes suiveurs, je reposte.
A personne en particulier, contrairement à un email (qui perd franchement de son intérêt)  mais à tout le monde en général : mes followers bien sûr, mais aussi à tous ceux qui tomberont, au hasard d’une recherche par mot-clé, sur un autre de mes tweets, cliqueront mon pseudo/icône pour les voir tous (et si ça vaut le coup de s’abonner ou pas ;) ) et le découvriront ainsi ; ou ceux qui, « abonnés » à certains mots clés ou thèmes, le découvriront automatiquement dans leur TweetDeck et autre Seesmic Desktop.

Evidemment ça n’a pas manqué, dans les minutes qui suivaient j’ai reçu ce tweet en DM :

Génial Bruce Gilden ! Merci de m’avoir fait découvrir ça !!!

Ca a suffi à mon bonheur du moment.

Voilà, au delà du côté « RSS feeds« , des « breaking news« , des fils d’infos ou du côté « veille » de l’outil, de l’utilisation en chat voire en salon IRC de Twitter, de la découverte de nouveaux contacts – et mille autres usages que je laisse de côté- c’est un formidable outil de découverte ET de diffusion de savoirs et de curiosités, des uns et des autres, qui ne correspond à rien d’autre !

Je découvre un truc, ça me plaît, je passe à mon voisin, ça lui plaît, il passe à son voisin … ad-lib.

Oui, je trouve ça épatant.

Non assistance à personne en danger ?

13/05/2009 arnaudt 3 commentaires

J’ai à côté de chez moi un « asile de nuit ». Il sert aussi de jour.
Il accueille et regroupe les SDF et autres « blessés de la vie ».
Ils sont nombreux.
A déambuler, hagards, le regard vide et l’équilibre instable, devant ma porte.
Ils boivent des bières sur mon appui de fenêtre. Ils urinent ou chient derrière ma maison.
Ce n’est pas très grave.
Ils s’engueulent et se bousculent, souvent davantage.

Et ils s’écroulent. Sur le trottoir. Dans le froid, sous la pluie.
J’ai déjà appelé le 115, ne sachant que faire d’autre, pour leur dire qu’un de leurs gars était allongé par terre, à 50m d’un asile qu’il serait incapable de rejoindre seul.
Ils sont venus le chercher et l’ont ramené en me remerciant. De rien, vraiment.
Souvent les gyrophares des pompiers viennent éclairer mes fenêtres.
C’est plus ou moins grave -coma éthylique ou simple chute dont on est bien incapable de se relever malgré la présence d’un compagnon d’infortune- mais ça part toujours vers l’hôpital proche.

Hier soir je rentre du boulot, il était là. Assis sur la marche d’entrée de la voisine. Il « cuvait » comme disent les gens honnêtes.
Il n’était pas par terre, il était assis, appuyé contre la porte.
Il ne souffrait pas – ne semblait pas souffrir- mais cuvait dans ce qui semblait un sommeil heureux.
Je l’ai vu en partant faire mes courses. Il était toujours là quand j’en suis revenu.
Sa présence ne m’a ni gênée, ni alarmée. Je n’en ai pas souris, mais n’ai pas non plus jugé utile de prévenir qui que ce soit.
Ni 115, ni 18.
Il dormait, il allait forcément se réveiller à un moment, et regagner l’asile, épaulé ou pas par un de ses camarades.
Je n’ai donc rien fait.
La pluie s’est mise à tomber doucement.

Une heure plus tard les gyrophares pointillaient ma fenêtre.
J’ai d’abord pensé que quelqu’un avait fait du zèle et m’en suis énervé.
« Vous allez bien Monsieur ? » demanda l’un des pompiers.
Mais cette première, et indigne réaction, a immédiatement disparu pour faire place à une gêne et un profond malaise : aurais-je dû, moi, déjà appeler tout à l’heure, appeler tout de suite ?
Ne jamais s’attendrir devant le spectacle faussement pittoresque d’un pochtron dans la rue, mais systématiquement et immédiatement alerter les secours ?

Cette pensée ne m’a pas quitté de la soirée.
Ce matin je n’en sais pas plus.
Qu’aurais-je dû faire ? Que dois-je faire à l’avenir ?

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