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Non assistance à personne en danger ?

J’ai à côté de chez moi un « asile de nuit ». Il sert aussi de jour.
Il accueille et regroupe les SDF et autres « blessés de la vie ».
Ils sont nombreux.
A déambuler, hagards, le regard vide et l’équilibre instable, devant ma porte.
Ils boivent des bières sur mon appui de fenêtre. Ils urinent ou chient derrière ma maison.
Ce n’est pas très grave.
Ils s’engueulent et se bousculent, souvent davantage.

Et ils s’écroulent. Sur le trottoir. Dans le froid, sous la pluie.
J’ai déjà appelé le 115, ne sachant que faire d’autre, pour leur dire qu’un de leurs gars était allongé par terre, à 50m d’un asile qu’il serait incapable de rejoindre seul.
Ils sont venus le chercher et l’ont ramené en me remerciant. De rien, vraiment.
Souvent les gyrophares des pompiers viennent éclairer mes fenêtres.
C’est plus ou moins grave -coma éthylique ou simple chute dont on est bien incapable de se relever malgré la présence d’un compagnon d’infortune- mais ça part toujours vers l’hôpital proche.

Hier soir je rentre du boulot, il était là. Assis sur la marche d’entrée de la voisine. Il « cuvait » comme disent les gens honnêtes.
Il n’était pas par terre, il était assis, appuyé contre la porte.
Il ne souffrait pas – ne semblait pas souffrir- mais cuvait dans ce qui semblait un sommeil heureux.
Je l’ai vu en partant faire mes courses. Il était toujours là quand j’en suis revenu.
Sa présence ne m’a ni gênée, ni alarmée. Je n’en ai pas souris, mais n’ai pas non plus jugé utile de prévenir qui que ce soit.
Ni 115, ni 18.
Il dormait, il allait forcément se réveiller à un moment, et regagner l’asile, épaulé ou pas par un de ses camarades.
Je n’ai donc rien fait.
La pluie s’est mise à tomber doucement.

Une heure plus tard les gyrophares pointillaient ma fenêtre.
J’ai d’abord pensé que quelqu’un avait fait du zèle et m’en suis énervé.
« Vous allez bien Monsieur ? » demanda l’un des pompiers.
Mais cette première, et indigne réaction, a immédiatement disparu pour faire place à une gêne et un profond malaise : aurais-je dû, moi, déjà appeler tout à l’heure, appeler tout de suite ?
Ne jamais s’attendrir devant le spectacle faussement pittoresque d’un pochtron dans la rue, mais systématiquement et immédiatement alerter les secours ?

Cette pensée ne m’a pas quitté de la soirée.
Ce matin je n’en sais pas plus.
Qu’aurais-je dû faire ? Que dois-je faire à l’avenir ?

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  1. fredlermant
    25/05/2009 à 09:23 | #1

    t’aurais dû demander au pompier que faire
    eux, ils savent. ils ont l’habitiude
    bon, t’as pas des histoires un peu plus fun ? :-)

  2. Cédille
    27/05/2009 à 20:03 | #2

    Bonsoir,

    Ne serait-il pas préférable de contacter les dirigeants de cet asile de nuit afin de les mettre face à leur responsabilité ? Dans la mesure où ils acceptent d’héberger quelqu’un susceptible de troubler l’ordre public ils devraient veiller au grain et faire en sorte que le voisinage ne souffre pas de la présence d’individus ivres. Je sais bien qu’il est facile de dire  » ya ka », aussi je vous tire mon chapeau pour votre patience.

    Bonne soirée (je n’ai ni blog ni site).

  3. arnaudt
    29/05/2009 à 12:44 | #3

    @1 : tu as raison, j’essaierai de demander aux pompiers ce qu’ils préconisent : le systématisme valant sans doute mieux, car c’est à eux de juger l’état de précarité de la personne

    @2 : j’ai hésité avant de laisser passer votre réponse, à laquelle je ne souscris pas du tout, mais Baragouine est un espace de liberté, là voici donc.

    Je pense que les personnels du SAMU Social font ce qu’ils peuvent, et que jusqu’à plus informé, la France est un pays libre, où l’on peut se balader comme on le souhaite. Un peu ivre ou pas.

    Ces pauvres gens.. Il ne s’agit pas de transformer un asile – dans lequel le plus souvent ils rechignent à aller préférant le trottoir ou une porte cochère- carrément en prison.

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