Zones
Un rapport de l’Observatoire national des zones urbaines sensibles souligne que plus de 30 % de leurs habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté. Et 45 % chez les moins de 18 ans. Ce qu’on appelle un «quartier sensible», c’est donc tout simplement un quartier pauvre. On n’en sera guère surpris. Mais pourquoi utiliser le mot «sensible» au lieu du mot «pauvre» ? Sans doute parce que «sensible» permet de stigmatiser subrepticement les pauvres et de rejeter sur eux la responsabilité de leur situation. Tandis que «pauvre» ou «sinistré» nous amènerait à incriminer les politiques qui contribuent à perpétuer ces situations : le démantèlement de l’Etat social, par exemple. Défions-nous donc de ce vocabulaire qui, sous une apparence de neutralité administrative, construit une représentation de la réalité dans laquelle des «zones sensibles» s’opposent aux espaces normaux. Alors que, bien sûr, c’est une autre ligne de démarcation qu’il convient d’apercevoir : celle qui sépare des classes de revenus et de conditions d’existence.
Je retombe sur cette « Semaine de » Didier Eribon parue dans le supplément week-end de Libé du samedi 5 décembre.
Je n’aurais su mieux dire.
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Un peu plus bas et sur un autre sujet (quoique…) :
Il suffit que je me remémore la campagne présidentielle de 2007 où la profession de foi de la candidate socialiste indiquait, dès la deuxième ligne, qu’il fallait en finir avec la société de l’«assistanat» (quel horrible mot !) pour que ma colère de l’époque ressurgisse intacte. Un projet de gauche ne devrait-il pas se donner pour tâche de développer et de multiplier les systèmes d’assistance (quel beau mot !) ?
Itou.
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