Grève des transports, pire, gare fermée !
Du jamais vu, en tout cas pas de souvenir récent.
Portes coulissantes désespérément obtuses, Relay H inaccessible -de toute façon au rideau fer baissé-.
Où acheter sa presse ?
Libé tiens, avec Cécilia “Desperate Housewife” en couverture. Faut pourtant pas le rater celui-là.
Je fais le tour de quatre café-tabac-presse sur mon chemin de retour.
Sondage non exhaustif mais sacrément représentatif.
En moyenne :
- 1 exemplaire du Monde ;
- 2 ou 3 du Figaro ;
- évidemment une masse d’Aujourd’hui en France ;
- évidemment tout autant d’Equipe.
Et évidemment point de Libé qui reste introuvable.
Non pas qu’il soit dévalisé et qu’il n’y en ait plus : il n’y en a tout simplement jamais eu, il n’a pas été distribué.
Terminant ma tournée par “Le Longchamp“, le café-tabac-PMU-presse.. le plus proche de chez moi, où je n’ai strictement jamais vu Libé sur le présentoir en face de la caisse -mais d’habitude je m’en fous et ne pousse pas l’investigation plus avant ,puisque je suis passé dans la journée deux (trois-quatre) fois devant un Relay H ouvert- , présentoir où l’on trouve pourtant Charlie-Hebdo, Le Canard ou The Guardian (!!) je décide cette fois-ce de me lancer, de poser la question de fond : “vous n’avez plus Libé ? Libération” ?
Regard interloqué de la dame à la caisse, qui passe donc sa vie devant le présentoir : “Ah non, on n’a pas.” d’un ton définitif qui terminait l’échange.
Et moi d’enchérir : “Mais vous ne l’avez plus, ou vous ne l’avez pas eu ? Vous l’avez parfois ? Vous êtes distribué ?”
- “Ah non, on fait pas” (sic) tout aussi définitif, qui associait par le ton Libé à quelque magazine échangiste ou sado-maso.
Prenant mon interlocutrice, qui me croyait désormais sorti du café, au dépourvu :
- “C’est l’un des trois quotidiens français avec Le Monde, Le Figaro.” pontifiais-je, oubliant au passage Le Parisien/Aujourd’hui.
-”Ca me dit rien. Hein untel - s’adressant à sa collègue qui tirait des bières un peu plus loin- Libération ?
Non, on n’a pas. C’est un hebdomadaire ?”
Au delà de la piquante - ou triste, c’est selon- anecdote, au delà de l’invisibilité de Libération, quotidien censément national, à la nouvelle formule tant médiatisée -et à quoi bon une nouvelle formule et toute la pub possible si au bout du compte le journal reste parfaitement introuvable, y compris au Longchamp ou dans les café-tabac du coin-, c’est évidemment toute la question de la distribution de la presse nationale française que je pose à nouveau.
Je sais, c’est une vieille antienne, c’est un peu une obsession de ma part. Mais là où la presse gratuite est si bien distribuée -et pour cause elle ne vit que de ça- la presse payante en général, et de toute évidence Libération en particulier, reste difficilement accessible.
Si nos élites sortaient de Paris et des kiosques à journaux sur chaque trottoir, elles le sauraient davantage et prendraient peut-être le problème de la distribution de la presse en France un peu plus à bras le corps.
Les distributeurs à tous les coins de rue comme aux US c’est malheureusement pas pour tout de suite…
J’aurais pu titrer ce post “Reviens dormir à l’Elysée” mais c’eut été de mauvais goût.
D’autant que je veux davantage faire ressortir toute l’humilité qui m’habite, qui devrait tous, nous les hommes, nous habiter ce soir.
On peut promettre ce qu’il y a de plus beau de plus grand, de plus inaccessible, la lune même - et franchement quoi au dessus d’un appart’ à l’Elysée, de la place de Première Dame, du rôle et des pouvoirs qui accompagnent ce rôle ?- quand l’Amour n’y est plus, quand la dame veut aller voir ailleurs, pour une raison ou une autre, promesses mirifiques - fussent-elles tenues- ou pas, la dame s’en va.
Oui, je me sens peu de choses ce soir, très humble, et j’ai pour Sarko dans son malheur personnel -qu’il va avoir bien du mal à garder pour lui- beaucoup de sympathie [sumpatheia : participation à la souffrance d'autrui].
Après la mode des écouteurs intra-auriculaires merdeux qui faisaient tchk-tchk-tchk-tchk-tchk-tchk-tchk et ennuyaient tout un compartiment pendant des plombes, la mode est maintenant à plus d’écouteurs du tout.
Directement le mobile à fond la caisse.
Comme si le Walkman n’avait jamais été inventé, comme si le lecteur mp3 n’existait pas -je n’ose évoquer le terme d’iPod, invisible dans mes contrées prolétaires-, comme si même la notion de casque avait disparu.
Si possible à plein volume sur des hp merdiques.
Si possible n’importe où, de préférence dans les lieux publics.
- Evidemment la rue : plus un gamin qu’on ne croise, le mobile à la main en train “d’écouter” -???- What I Want par Bob Sinclar.
(Si vous connaissez déjà, je vous plains ; si vous ne connaissez pas, c’est vraiment juste pour illustrer mon propos…)
- Evidemment dans le train, comme si les autres passagers n’existaient pas, qu’ils empêchaient ces esthètes d’écouter leur musique en paix, ou que le compartiment était leur salon d’écoute privilégiée.
- Evidemment même dans le métro bondé.
Si possible enfin, uniquement de la daube techno-euro-dance-trance voire du rap bien agressif.
Si je tenais celui qui a inventé le mode haut-parleur sur les téléphones portables, je le condamne à passer une journée enfermé à écouter ContactFm.
(*) C’est en tout cas l’impression que ça donne, quand vous demandez à l’impétrant s’il veut bien mettre son casque : ils vous fixe d’un regard bovin, tente de décrypter une langue étrangère et n’a de toute évidence pas la moindre idée de ce à quoi vous faîtes allusion.
Oui, pénible…
J’ai hésité avec un autre titre : Par ici la sortie !
A priori peu de rapport, et pourtant si.
Jean-Robert Pitte est géographe (forcément un gars intéressant :)) dont je conseille les ouvrages à mes étudiants.
Mais ça n’était pas en cette qualité qu’il était invité de France Culture mardi matin jour de Rentrée des Classes.
(Je n’ai évidemment pas pu bloguer dessus avant, je n’ai que rapidement twitté ma réaction à chaud).
Jean-Robert Pitte est actuellement le Président de la Sorbonne.
Il vient par ailleurs de sortir un livre au titre évocateur : Stop à l’arnaque du Bac.
Il donnait quelques chiffres censés illustrer l’impasse du système universitaire dans lequel nous nous trouvons.
Perso j’appelle même ça foncer droit dans le mur.
Les chiffres ne m’ont pas surpris en tant que tels - je les pratique au quotidien - ils m’étaient néanmoins étonnants pour cette vitrine ce qu’on croît être, de l’extérieur, un fleuron : la Sorbonne.
Taux de réussite d’échec :
- en 1ère année : 72%
- en 2ème année : 50%
- en 3ème année : 40%
(Et même, en 4ème année parce que, pour reprendre ses termes, “on ne nous a pas permis de faire une sélection à l’entrée du Master 1” : 30%)
Encore une fois ça ne me surprend pas plus que ça, puisque j’interviens dans une UFR où le taux d’échec en Licence1 est de 84%.
Oui : 16% de passage en 2ème année.
Sauf que tout le monde s’en fout. Ou plutôt que personne ne le sait.
Ca n’est donc pas un sujet de société, encore moins un argument électoral.
Non, ce qu’on a promis aux Français, ce qu’on leur donne donc -comme on donnait des jeux et du pain- juste avant de partir en vacances, l’esprit libre et le moral au sommet, c’est “80% d’une classe d’âge au bac” (85%, 90% et tant qu’on y est 100% !)
Des médias - télés, radios, unes des journaux- qui s’enthousiasment pour ce marronnier que sont les images d’ados exaltés - et de parents si soulagés- en découvrant leur nom dans la liste des reçus (comme si c’était vraiment une surprise avec un tel pourcentage), et qui annoncent solennellement une hausse du chiffre des reçus.
Liliane tu peux boucler les valises !
Du soleil en juillet-août, une Coupe du Monde (foot ou rugby) de temps en temps, des gamins qui ont tous le bac, voilà les ingrédients suffisants - mais nécessaires- au fameux “moral des ménages“.
Le reste on s’en fout, le reste ‘toute façon on le sait pas.
Surtout ne pas dire que 70-80% de ceux là se plantent l’année suivante en fac.
Surtout - mais surtout ! - ne pas évoquer la moindre idée de “sélection“, ou même d’ “orientation“, ça foutrait toute la France dans la rue et ferait sauter le gouvernement.
(Je ne parle même pas d’envisager de, peut-être, remonter le niveau du Bac, donc forcément d’en baisser le taux de réussite.
Quand on est dans cette logique de chiffre, seule la hausse est évidemment envisageable.
Ou alors le supprimer purement et simplement ?)
Continuons comme ça puisque tout le monde semble satisfait, mais le mur se rapproche.
PS : Oserais-je ajouter, fut-ce à déplaire à l’UNEF, qu’évidemment ce sont les plus petits, les étudiants de milieux les plus modestes, qui trinquent ?
S’il y a bien un truc que je ne comprends pas, que je trouve antédiluvien, médiéval, archaïque dans ce pays qui se veut pourtant si moderne, c’est le “tip”.
Si je paie mon addition dans un restau je m’attends à ce que le salaire de la serveuse soit inclus, c’est même ça que je paie.
Qu’il ne le soit pas me semble une aberration d’un autre temps.
Un peu comme chez nous le pourboire de l’ouvreuse.
Si je paie 200-250 balles une place dans un théâtre parisien, ça n’est pas pour ensuite fouiller mes poches à la recherche de misérables 50 cents ou d’un euro.
Fort heureusement, et assez illogiquement d’ailleurs, ça n’existe absolument pas par ici ou dans les théâtres londoniens (les places sont bien assez chères comme ça.)
Mais il y a un truc encore plus insensé, c’est le pourboire du taxi. Quand vous payez 50$ de taxi, vous payez son service, le trajet, les bagages etc…
En quoi devrait-il y avoir un “pourboire” en plus ? Pour quel service non inclus dans la somme que je viens de payer ?
Moi pas comprendre. Si quelqu’un peut m’expliquer ces us-et-coutumes d’un autre temps …
- quel est le nom du Premier Ministre ? (fastoche)
- quel est le nom de votre Président de Région ? (moins fastoche)
- la balance commerciale française est-elle excédentaire ou déficitaire ? (une chance sur deux)
- quel parti contrôle la Chambre des Députés ? (ultra-fastoche)
- qui est le président du Conseil Constitutionnel, et de quel parti provient-il ? (pas fastoche du tout !!)
(Comme quoi passer plus de temps sur le net ne rend pas forcément mieux informé du monde qui vous entoure. Trop d’information tue l’information, et les vieux qui regardent tranquillement le 19-20 en savent plus que les jeunes bourrés de Twitter et de SMS …)
Evidemment, on brûle d’envie de lui demander si sa proposition de faire raccompagner, chez elle le soir, chaque femme flic était, quant à elle, “crédible”.
Tiens, en ces heures de nominations ministérielles inédites, deux citations sur deux pays très différents
L’une de Jean Boissonnat sur BFM dès potron-minet, à propos des fastes républicains et autres tapis rouges : “En France c’est l’Etat qui a créé la Nation et non, comme dans la plupart des autres pays démocratiques, la Nation qui a créé l’Etat.”
De USAToday International daté lundi 14 mai, relatant la visite d’Elizabeth qui commémorait la “naissance de l’Amérique” :
“America was a land of immigrants before it was a nation.”
Où j’ajouterais que la France était déjà, ô combien et depuis plusieurs centaines d’années, une nation quand elle devint, dans les années 20-30, le deuxième pays d’immigration au monde ( derrière les US, évidemment), ce qu’on ne sait/revendique pas assez à mon goût…
Deux citations/remarques sur lesquelles je vous laisse, tous azimuths, penser et réagir.
PS : N’y voyez par ailleurs aucune position politique personnelle, ce ne sont là que pistes de réflexion.
Une de mes étudiantes canadiennes -et néanmoins chtimi pour quelques semaines encore- tient un blog de son semestre et des ses découvertes franco-européo-lilloises.
C’est rigolo à lire, voire quasi éducatif. (*)
(*) Où l’on découvre des évidences qui nous avaient échappé. Genre un “chichi”bien gras acheté place de la Gare ça n’est finalement rien d’autre qu’un “churro” testé -et pas vraiment approuvé- dans US Cellular Field.
C’est pas faux (même si un Chi-Chi c’est netttement meilleur qu’un Churro)
1° Les adhérents du PS ont désigné Ségolène lors des primaires socialistes parce que les sondages, incontournables sondages, omniprésents sondages, annonçaient qu’elle était la seule à pouvoir battre Sarkozy, contrairement à ses deux opposants masculins, Fabius et DSK.
(Alors même que je continue - oui, encore- de penser que ce dernier était 1° plus compétent 2° LUI capable de rassembler au centre et donc de battre le candidat UMP. Mais passons, inutile de revenir en arrière … (*)
2° Une fois Madame Royal investie, 102 sondages sur 104 ont ensuite déclaré, systématiquement donc, que Sarkozy la battait à plus ou moins plate couture lors du second tour.
Les mêmes sondages, sacrilèges car ils osaient poser aux Français la même question MAIS avec le candidat troisième dans les intentions de vote, nous disaient que ce “troisième homme”, LUI, battait tout aussi systématiquement son opposant au second tour, quel qu’il fût, A CONDITION évidemment qu’il passât le premier tour.
3° Et donc forcément, logiquement, les Français qui ne veulent pas du candidat de l’UMP ont voté en masse pour … celle qui est déjà annoncée perdante dans les premiers sondages réalisés hier soir.
4° J’ai dû rater une marche…
Enfin j’m'en fous, j’ai voté comme d’habitude.
De Villiers.
Nan, j’déconnnnnne !
(*) Le discours de Madame Royal hier soir, que j’écoutais sur FCulture en direct de ScPo, donnait envie soit de pleurer de rire -ce que les présentateurs et commentateurs politiques de la soirée ne se sont pas privés de faire-, soit de se taper la tête contre les murs, c’est selon…