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La concomitance de la sortie - ENFIN !- des derniers épisodes du Roman d’un Acteur (désormais intégralement disponible), et de deux Matins de France Culture délocalisés à Bruxelles - les 11 et 12 octobre derniers- pour tenter de mieux cerner l’ampleur de la crise qui secoue la Belgique, m’avait amené à vouloir pondre ce billet.

Et puis je ne l’avais pas écrit, faute de temps nécessaire pour regrouper ma pensée devant ce large et essentiel sujet, analyse pourtant résumable en deux mots : un pays avec plusieurs langues, ça ne fonctionne pas (ou, selon moi, ça ne peut pas fonctionner.) Pas plus au Québec qu’en Belgique, ou pas plus que dans de futurs United States of America, évidemment moins unis si certains états - métropoles, capitales …- sont hispanophones et d’autres anglophones.)

Ce n’était pourtant pas les anecdotes, ubuesques et ridicules, qui manquaient dans ces émissions, et qui auraient pu constituer autant d’accroches à un billet.
Mais le dramatique et l’ampleur de la situation m’avaient sans doute repoussés.

Une autre anecdote, toute aussi stupidement ridicule m’y ramène tardivement, et cette fois je ne peux pas ne pas y faire écho.
Elle nous vient du Libé d’hier.

«Mon frère est accompagnateur [contrôleur].
Lorsqu’il fait la ligne Liège-Ostende, en Wallonie, il doit annoncer les gares seulement en français ; à Bruxelles, en français et en néerlandais ; et en Flandre seulement en néerlandais.
Une fois, il a annoncé les gares en français en Flandre et quelqu’un a déposé une plainte contre lui…»

!!

Allez, tant pis, je me lâche : Bienvenue à la vingt-troisième région française !

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Voilà, cette fois c’est fini.
Bel et bien fini.
Du beau Caubère, du vrai, du pur, du magnifique Caubère hier soir - jour impair- avec la Mort d’Avignon.
Que je plains ceux qui ne verront que La Ficelle des jours pairs : beaucoup de spectateurs ne découvrent qu’il y a deux parties qu’une fois dans la salle. Ou, et à un degré moindre, ceux qui verront Avignon avant la Ficelle.
La belle et grande fin c’est évidemment “Avignon”.

Cette “mort” d’Avignon c’est bien sûr la sienne.
Palais des Papes 1978, Cour d’Honneur, ce Lorenzaccio où tout ira de travers, où tout se liguera - météo, mise en scène, scénographie, jeu des acteurs, public…- pour en faire cet échec absolu qui brisera sa carrière théâtrale classique.
Georges Wilson a beau venir lui donner des conseils (de tournicotage contre le vent ! :) ), il ne sera jamais Gérard Phlippe dont le fantôme du Cid hante encore le plateau.

On rit en retrouvant le Caubère aux multiples personnages, véritable génie des incarnations.
Le public ne s’y est pas trompé. Applaudi -très- mollement la veille, ce fût une véritable ovation, public debout, hier soir.

La fin “définitive” (si j’osais) est sublime, déchirante.
Poursuite sur le sac à main de sa mère dont dépasse une lettre, qu’il lit en voix-off.
Qui dit que maintenant il faut arrêter, que les gens sont fatigués après 25 ans, qu’ils veulent rentrer chez eux et dormir, qu’il faut les laisser partir, qu’il faut LA laisser partir, retourner au pays des morts, dire aux gens que non elle n’était pas là sur la scène, que ce n’était que lui qui l’incarnait, et que surtout lui aussi doit aller dormir, pour enfin pouvoir se réveiller le lendemain.
Magnifique.

Allez, quand même, on regrettera :
-qu’il ait utilisé sa sortie “Voix Bulgares luttant contre le vent”, déjà utilisée dans autre spectacle.
L’image juste avant -sa lutte contre le fantôme de Gérard Philippe- eut été aussi belle.

- qu’il n’ait pas su -ou pu- enlever 30-40 mn de la première partie, ça nous aurait fait un premier acte, certes morbide, mais suivi d’un second acte - deux heures - ramenant tous les héros des 18 heures de l’Homme qui Danse.
Ca n’aurait fait après tout que 3h20-3h30, durée “normale” chez lui, en tout cas déjà atteinte par certains de ses spectacles. (*)

-qu’il n’ait pas pu - ou su- présenter cet épilogue, ce 7ème épisode en même temps que les 6 autres, l’an dernier.
C’en était évidemment la conclusion parfaite, le 7ème soir qui s’imposait dans la foulée.

Allez, Phlippe, maintenant il faut dormir.

(*) Je ne suis pas dans sa tête, mais je crois comprendre pourquoi il n’a pas pu en faire un seul spectacle.
Ce n’est pas une raison de longueur (cf.plus haut) contrairement à ce qui est écrit. C’est tout simplement qu’il ne pouvait pas choisir entre l’une ou l’autre des deux fins.
Evidemment Avignon est la “vraie”, plus belle, plus émouvante, et plus “définitive” fin de l’Homme qui Danse.
Mais elle se situe en 1978.
La noire et suicidaire Ficelle, se situe elle post-Lorenzaccio, en 1980, quand tout va mal pour lui.

Juxtaposer, dans un seul spectacle, un premier acte en 1980, et un second en 1978 n’était évidemment pas logique.
Proposer Avignon et sa fin seulement en premier acte, n’était théâtralement pas non plus possible.
Solution ? Faire deux spectacles.
Voilà, je pense avoir compris.

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